En France

En général, nous y rencontrons des héros récurrents, que l'on retrouve avec plaisir d'un livre à l'autre. En général les histoires se suivent chronologiquement, et nous partageons l'évolution de la vie des personnages (amitiés, famille, épreuves...).

Là aussi le personnage principal est un enquêteur, un policier officiel. Il lutte pour rétablir l'équilibre de son monde, accroché à ses valeurs, qui, incontestablement, sont aussi les nôtres.

Les pays et leurs enquêteurs

ENQUETES EN FRANCE ET AU-DELA, avec Jean-Baptiste Adambsberg.

C'est la FRANCE, principalement Paris, mais aussi différentes régions françaises et même, dans son dernier opus, le Canada (la Vieille Province) que nous arpentons avec l'infatigable marcheur qu'est le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg.

Jean-Baptiste Adamsberg, dont Fred Vargas raconte les aventures depuis une douzaine d'années, est apparu dès son 2° roman. Depuis, ce commissaire attachant marche, pour s'éclaircir les idées, de roman en roman, vers la solution de crimes particulièrement odieux...

De taille moyenne il fonctionne sur des intuitions qui se révèlent souvent exactes, par une sorte de prescience qui défie la logique de son adjoint Danglard, plus analytique et pragmatique.

Autour d'eux, des personnages variés, atypiques, amusants ou terrifiants, toujours hauts en couleur s'agitent, au gré des aventures : une "belle", Camille, amour évanescent du commissaire (mais pourquoi part-elle, que lui a fait Jean-Baptiste ?), un trio d'historiens pas très clairs vivant dans une vieille baraque, des mémés diaboliques, d'anciens flics, des truands plus ou moins retirés des affaires, des policiers typés (ah ! le lieutenant Violette Retancourt, 35 ans, um mètre soixante-dix-neuf et cent dix kilos, capable de convertir son poids en énergie  "à sa guise" ! )

Du suspense, de l'humour, des dialogues qui font mouche, un bon lot de fausses pistes voire de ficelles nous attachent, nous égarent et maintiennent notre intérêt toujours en haleine.

J'ai envie de vous présenter deux livres, bien différents, parmi la douzaine parue :

PARS VITE ET REVIENS TARD se déroule à Paris :

De grands "4" inversés sont peints à la peinture noire sur des portes d'immeubles, puis des morts bizarres se succèdent, portant curieusement les marques de la peste noire ... Au même moment, un crieur public, Place Edgar Quinet, Joss Le Guern, lit des messages concernant la vie du quartier, qu'il trouve dans une boîte prévue à cet effet. Mais peu à peu des messages énigmatiques, inquiétants et apocalyptiques se glissent au milieu des autres. Extraits de textes anciens, dont certains en latin, accompagnés de paiements bien au-dessus du tarif habituel, ces messages évoquent le fléau de Dieu, la Peste.

Adamsberg, saisi d'une de ses habituelles intuitions, se met à étudier les messages reçus par Joss, pour trouver le fameux semeur de peste moderne.

L'historienne arrive à associer, dans le Paris d'aujourd'hui, les angoisses médiévales de la Peste aux paniques contemporaines créées par la rumeur et les médias.  Nous visitons l'Histoire, ce qui déborde du cadre du roman policier classique, mais c'est toujours au profit de l'intrigue et du suspense. On plonge dans le monde des marginaux de tout poil, on s'inquiète pour des personnages attachants, on rit souvent... C'est un roman que je n'ai pas réussi à lâcher, une fois commencé, jusqu'aux surprises finales, dont la narratrice sait user sans abuser : un vrai délice !

SOUS LES VENTS DE NEPTUNE, au Canada :

Pourquoi les vents de Neptune ?

france

Parce qu'un assassin frappe au moyen d'un trident, comme le dieu de la Mer... Adamsberg doit partir 15 jours avec son équipe au Québec pour une formation sur le traitement de l'ADN. Mais, avant le départ,  il est pris de violents malaises, qu'il comprend provoqués par la lecture d'un fait divers : l'assassinat d'une jeune femme, de 3 coups de couteau portés en ligne, en Alsace.

Il y retrouve la marque d'un assassin qu'il avait poursuivi, il y a déja 30 ans, avec d'autant plus d'intensité que son propre frère, son jumeau, avait été injustement accusé du crime. Or, le meurtrier présumé est mort....

Adamsberg part pour le Canada, obnubilé par ce fantôme et pressé de rentrer pour affronter ce douloureux passé. C'est le présent qui lui saute à la gorge : au Canada, un tueur au "trident" frappe aussi, et Adamsberg se retrouve, curieusement amnésique, en posture d'accusé lui-même ! Evidemment, la mise en cause du commissaire ne facilite pas son travail.

Pour se disculper et résoudre le mystère, il doit agir dans la clandestinité. Pour l'aider, ou le contrer (?) des gens surgis du passé, une vieille « hackeuse » géniale, et l'ombre de Camille, qu'il suit et perd de roman en roman... Un intérêt supplémentaire : le voyage chez les "cousins" du Québec, qui permet à la narratrice de jouer avec une langue et des tournures de style familières et exotiques à la fois. Cette distanciation géographique du vocabulaire nous tient en haleine en ajoutant l'étrangeté au mystère !

L'auteure :

vargas2Frédérique, née à Paris en 1957, a emprunté le pseudonyme de "Vargas", comme sa sœur jumelle, Joëlle, peintre, à Maria Vargas, le personnage incarné par Ava Gardner dans le film La Comtesse aux pieds nus.

Après des études d'histoire, elle devient archéologue médiéviste, chercheur au CNRS : Elle travaille notamment sur les ossements d'animaux du Moyen Âge occidental, activité qu'elle offre à l'un de ses personnages ! Pour varier ses plaisirs, elle publie, en 1986, son premier "rompol", comme elle nomme ses romans policiers.

C'est : Les jeux de l'amour et de la mort, aux Editions du Masque. Puis elle entre dans la maison d'édition Viviane Hamy, avec qui elle poursuit son aventure littéraire.

Pour écrire ses livres, l'auteure explique qu'elle laisse ses idées principales prendre forme dans sa tête pendant un an, puis sa mémoire sélectionne les meilleures, et dès que l'histoire est suffisamment définie dans son esprit, elle restitue d'une seule traite tout le roman en trois semaines, pendant ses vacances...

Bibliographie, fin 2005 :

Les Jeux de l’amour et de la mort. Le Masque, Prix du festival de Cognac. Ceux qui vont mourir te saluent : début des publications chez V. Hamy. Debout les morts, Prix Mystère de la critique. Un peu plus loin sur la droite. L’Homme aux cercles bleus. Sans feu ni lieu. L’Homme à l’envers. Grand Prix du roman noir de Cognac 2000. Les quatre fleuves, incursion dans le monde de la BD, Prix Alph-Art du meilleur scénario au festival d’Angoulême en 2001. Pars vite et reviens tard. Prix des libraires. Petit Traité de toutes vérités sur l’existence. Coule la Seine,  recueil de 3 nouvelles. Salut et liberté. Sous les vents de Neptune. La Vérité sur Cesare Battisti.

A noter : le passage à l'écran, en 2007, du commissaire et de ses aventures. Dans Pars vite et reviens tard, José Garcia, le magistral enquêteur, entouré de Lucas Belvaux et Marie Gillain, se trouve confronté à une énigme porteuse de malédiction. : des signaux sur les portes des immeubles, et des mots inquiétants, mystérieux, lâchés à la criée sur les marchés.

Et puis arrive l’horreur : Un premier mort, le corps noirci, le visage figé dans une grimace, les signes de la peste... C’est le retour du terrible fléau, mais avec une sacrée variante : quelqu'un contrôle la maladie et la porte où il veut.

Avez-vous lu ces livres ou vu le premier film ? Qu'en avez-vous pensé ?