Activités dans les steppes mongoles

Après nous être installés dans nos yourtes et un peu reposés de la route, nous allons maintenant vivre au rythme de la steppe pendant deux jours.

Au programme : balades à pied ou à cheval dans la prairie, vie quotidienne et spectacles traditionnels.

Ici, à 1500m d’altitude, l’air est clair et vivifiant. Il fait chaud au soleil, 25° au thermomètre, mais nous avons néanmoins mis des pantalons, car nous allons faire une balade sur les fiers chevaux mongols. Plus petits que leurs cousins européens, ils sont aussi plus endurants à la course et plus rapides. Tout un programme !

La balade à cheval

Nous allons au corral : un endroit, à 2 mn du village, où nos montures nous attendent. Elles sont rassemblées par groupe de 4 ou 5. Des Mongols nous jaugent, nous amènent devant un cheval, regardent si nous savons le monter, puis nous aident à ajuster les étriers.

Ca y est, nous partons découvrir la steppe pour une balade d’une demi-heure, en petits groupes, bien encadrés par nos guides qui ne nous quittent pas des yeux et échangent, visiblement, des commentaires sur nos tenues et notre monte. Pourquoi, parfois, rient-ils ? La prairie est rase à perte de vue, écrasée par le soleil.

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Le petit cheval mongol, vif et fier, nous attend.

On nous avait recommandé de bien nous retenir à l’anneau de l’arçon et de ne pas trop faire de photos pour ne pas effrayer les chevaux, mais ils en ont vu d’autres, et peu à peu, nous nous sentons l’âme d’un Gengis Khan moderne : enhardis par le calme des gens et des bêtes, nous bavardons, nous hélons d’un groupe à l’autre, nous photographions, nous lançons dans un petit trot.

Mais nos Mongols veillent au grain et savent vite, d’un signe de la tête ou de la main, ou d’un claquement des lèvres, rassembler leur troupeau…

Quand nous rentrons au camp, un peu plus tard, les joues rosies par le soleil et l’excitation, nous revivons les temps forts de la promenade. Loin des yourtes, un instant, n’a-t-on pas cru rejoindre le peuple mystérieux des grands espaces ?

La course

En fin d’après-midi, nous sommes invités à assister à deux activités traditionnelles de la steppe : une course de chevaux et une lutte. Avec le tir à l’arc, elles représentent les trois sports virils de la communauté mongole.

La fraîcheur tombe avec le crépuscule et, bien couverts, nous sortons de l’enceinte du village et nous dirigeons vers l’endroit de la joute, un grand espace commun à tous les habitants du village.

La steppe, maintenant, est parcourue par le vent. Nous nous protégeons de nos turbans ou chèches marocains que, prévoyants, nous avions apportés. Les Mongols aussi, ont de grands foulards autour du cou, dont ils se protègent le nez et les yeux…

Autour de nous, l’affluence est grande. Les courses de chevaux, considérées comme «le» sport national suscitent l’effervescence générale dans la steppe. Ne dit-on pas que les Mongols naissent sur une selle et qu’ils apprennent à chevaucher avant de savoir marcher ?

Les hommes sont vêtus de robes traditionnelles, larges et amples, car elles leur servent aussi de couverture dans laquelle ils s’entourent pour passer la nuit en plein air lorsqu’ils nomadisent.

Ils soignent les montures ou vont concourir et portent des robes de travail et non de fête. Elles sont brunes ou bleues brodées à l’encolure et sur le pourtour de vives couleurs, et ouvertes sur un pantalon ample vert vif, resserré aux chevilles par de courtes bottes plates.

Les cavaliers protègent leurs cheveux par une casquette ou un chapeau que l’on pourrait dire de cow-boy !

Les chevaux de la course, une dizaine, ornés de rubans rouges, sont amenés sur la piste et nommés par un présentateur armé d’un porte-voix et de lunettes de soleil malgré le manque de luminosité…

une course dans la steppe mongole : photos de voyages de Michel et Marie-France en Mongolie intérieure en Chine. 3 tours attendent les cavaliers  : photos de voyages de Michel et Marie-France en Mongolie intérieure en Chine. bientôt l'arrivée  : photos de voyages de Michel et Marie-France en Mongolie intérieure en Chine.

Ils ont fière allure, les descendants de Gengis Khan !

Le «jeu» consiste à effectuer deux longs tours de plus ou moins 500m (à vue de nez) sur une piste dessinée dans la plaine, après un petit galop de mise en route, encouragés par les spectateurs qui nous entourent.

La course est endiablée. Les cavaliers sont couchés sur leurs montures et se penchent presque à terre dans les tournants. Un nuage de poussière les entoure, et c’est sous les cris et les vivats que les premiers arrivent.

Nous remarquons que nous sommes ici les seuls Européens. Il y a bien d’autres touristes autour de nous, mais les autres semblent tous Chinois Han. Par rapport à eux, les Mongols des steppes cultivent leur différence : ils gardent souvent de longs cheveux noués en catogan lorsqu’ils travaillent ou laissés libres sur les épaules en période de repos. Ils les assortissent même parfois de moustaches tombantes et d’une courte barbe taillée à la «Gengis Khan».

La lutte mongole

Le présentateur nous fait maintenant rassembler autour d’un cercle en terre battue d’une vingtaine de mètres de circonférence matérialisé par des pierres semi enterrées pour la lutte, l’épreuve phare des joutes mongoles qui remonte à la nuit des temps.

Les combattants entrent dans le cercle en tapant des pieds et en exécutant la «danse de l’aigle». J’aurais plutôt pensé à une danse de l’ours, vu la force avec laquelle ils se dandinent !

Ils font un tour d’honneur pour se faire admirer, en prenant des poses avantageuses ou en se tapant sur la poitrine. Ils sont huit et ont revêtu, sur leur robe, une sorte de casaque en cuir ornée de motifs brodés, par laquelle ils vont s’empoigner.

photo d'un fier présentateur mongol : photos de voyages de Michel et Marie-France en Mongolie intérieure en Chine. photo de la lutte mongole : on se jauge : photos de voyages de Michel et Marie-France en Mongolie intérieure en Chine.

Le présentateur appelle combattants et spectateurs.

Ils vont combattre, tous ensemble, deux par deux.

Il n’y a pas de division de poids entre les adversaires. Le but est simplement d’obliger l’adversaire à toucher le sol par un genou, le dos, ou le postérieur, en utilisant n'importe lequel des mouvements traditionnels (les mekh), sans tomber soi-même !

Au début, le combat semble immobile. Ils s’empoignent, se jaugent, se tâtent, se testent, puis, dans une accélération étonnante, lancent des sortes de croche-pieds pour déstabiliser l’adversaire, font des prises de bras, des soulèvements…

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De joute en joute, le vainqueur se dessine.

Dans les grandes fêtes nationales, comme le Nadaam d’Oulan-Bator, le combat peut durer trois heures maximum, si aucun des 2 hommes ne tombe… mais ici, rapidement, quatre sont éliminés.

Les quatre restants s’affrontent immédiatement, puis nous arrivons à la finale. Le vainqueur se fait acclamer avec enthousiasme par la foule ravie et tous reviennent saluer.

Le présentateur demande alors si quelqu’un veut affronter le champion, mais ce soir, il n’y a aucun volontaire : dommage !

Nous rentrons au village pour dîner, car après, il y a spectacle et feu de camp. Pas question de manquer l’un ou l’autre…