L'Anatolie : Ankara, la capitale

Ankara, capitale de la Turquie depuis 1923 grâce à Mustafa Kemal Atatürk, est une très ancienne cité. Sa citadelle, qui devait être alors un sanctuaire fortifié, remonte à l’époque hittite.

Au fil des temps, divers peuples y ont établi le siège de leur gouvernement : Phrygiens, Persans, Galates… Plusieurs légendes courent sur le nom de la ville à cette époque : Ankyra.

Anjara, croisée des chemins et des peuples

L’une dit que les Galates, anciens marins issus d’une vague d’émigration celtique, l’ont nommée ainsi, car Ankira veut dire « ancre » et que c’est là qu’ils se sont arrêtés, transférant dans les temples les ancres de leurs bateaux.

Une autre dit que le même nom vient du roi Midas, qui aurait obéi à un songe et aurait "ancré" là une cité florissante…

Ensuite, Byzantins, Arabes, Croisés, Seldjoukides, Mongols se sont succédé jusqu’en 1414, date à laquelle la cité est devenue Ottomane.

C’est en 1893 que la ville, renommée "Ankara" par les Européens, en référence aux chèvres angora dont on tisse encore le poil soyeux, s’est dotée d’un chemin de fer qui la reliait à Istambul. Lorsqu’elle est devenue capitale, Ankara a été agrandie en cité moderne, dans des quartiers séparés de la vieille ville.

Une ville ancienne animée

La ville ancienne est située sur la colline qui entoure la citadelle, Hisar, ou Ak Kale, la forteresse blanche.

Ankara : le quartier de la CitadelleAnkara : un bazar animé

Ankara : le quartier de la Citadelle

Ankara : un bazar animé

Elle est entourée de murailles : L'enceinte intérieure a été édifiée en 620 par Héraclius et les remparts extérieurs datent du IX° siècle.

Avec ses ruelles étroites, ses maisons basses et colorées, en bois et pisé, ses femmes aux vêtements multicolores et la tête couverte d’un foulard, ses enfants joueurs et ses hommes en casquettes, elle ressemble à tous les villages anatoliens que nous avons traversés, où la vie se déroule immuablement.

Bazar, commerces odorants ouverts sur la rue, écheveaux de laine qui sèchent sur des fils tendus dans les ruelles….

Ankara : les maisons traditionnellesAnkara, une ruelle et ses échoppes

Ankara : les maisons traditionnelles

Ankara, une ruelle et ses échoppes

Il nous a semblé que quelques maisons étaient en cours de restauration, ce qui est judicieux pour conserver ce témoignage des temps passés.

Le Musée des Civilisations Anatoliennes

Mais le point fort de notre passage dans la capitale, celui que nous attendons avec impatience depuis que nous avons foulé les sites Hittites, c'est la visite du Musée des Civilisations Anatoliennes.

Il a été installé dans un « bedesten » (un marché couvert) bâti au XV° siècle et dans l’ancien caravansérail voisin.

le Musée d'Ankara : taureau en bronze, III° millénairele musée d'Ankara : cerf en bronze, III° millénaire

Taureau en bronze,

III° millénaire

Cerf en bronze,

III° millénaire

Ses salles, immenses, nous offrent un panorama complet de toutes les civilisations qui se sont succédé en Anatolie, depuis le paléolithique et le néolithique, dans l’ordre chronologique pour notre édification.

Nous admirons les découvertes faites à Çatal Höyük, les chefs-d’œuvre de l’art hittite et néo-hittite. Grands vases-bains, vases-rhytons en formes d’animaux, statuettes de divinités, statues hiératiques, les fresques les plus anciennes connues..

Une maison reconstituée ajoute la dimension humaine à l’Histoire et nous permet de mieux mettre en perspective les sites que nous avons visités, dépouillés de toutes ces richesses !

le musée d'Ankara : griffons ourartéensle musée d'Ankara : soldats hittites

Le musée d'Ankara : griffons ourartéens

Le musée d'Ankara : soldats hittites

Plus loin, nous voyons des statuettes en bronze, argent, or ou électrum (mélange d’or et d’argent) de cerfs et taureaux retrouvés dans les tombes royales d’Alaca Höyük et d’Horoztepe, de l’âge du bronze ancien, des bijoux et de la vaisselle d’or, des tablettes de terre cuite aux caractères cunéiformes des colonies marchandes Assyriennes, les premières attestations de l’utilisation de l’écriture.

Enfin, mobilier, statues et objets Phrygiens, Ourartéens, Grecs et Romains se succèdent, nous laissent émerveillés d’une aussi riche plongée dans le passé...

La ville moderne, à la gloire d'Atatürk

La ville moderne n’offre pas grand intérêt. Peuplée de 3 millions d’habitants, c’est le siège du gouvernement, de nombreux parlements et ministères. Ankara s’enorgueillit de ses grands hôtels, ses rues et avenues larges et aérées, ses parcs et espaces verts.

Une visite néanmoins incontournable, dans la ville moderne, est celle du Mausolée d'Atatürk, Anitkabir, un monument grandiose, chef-d'œuvre de l'architecture moderne turque, qui domine la ville sur la colline d’Anittepe. Parfaitement illuminé il se remarque tout particulièrement la nuit.

De la place Tandogan, nous approchons à travers le parc par une route fleurie.

Devant le monument, un groupe de trois statues exprime le chagrin de la population à la mort du grand homme. Elles précèdent l’Allée des Lions, 24 statues de lions hittites, symbolisant sérénité, pouvoir et protection.

Ankara : le mausolée d'AtatürkAnkara : le mausolée d'Atatürk et ses jardins

Ankara : le mausolée d'Atatürk et ses jardins

L’allée mène à la Place de la Victoire, entourée sur trois cotés de colonnes de 20 mètres de haut, prévue pour recevoir plusieurs milliers personnes lors des cérémonies.

A gauche, pour accéder au Mausolée, nous empruntons un escalier de 33 marches, flanqué, de chaque côté, de tours de 10 mètres de haut.

En rangs ordonnés, sous l’œil vigilant de soldats attentifs, nous devons défiler (sans nous arrêter) devant la dépouille du « Père du peuple », figé dans son sarcophage de marbre vert

On visite ensuite le Musée d’Atatürk, où sont exposés vêtements officiels et civils, objets personnels, de magnifiques voitures, par exemple, des cadeaux reçus, documents et photographies…

Retour vers Antalya

Mais le voyage touche à sa fin. D’un coup d’aile, nous revenons à Antalya, d’où nous rejoignons une des belles stations balnéaires de la côte méditerranéenne.

De là, nous pouvons nous adonner aux sports terrestres et nautiques, ou au farniente bien mérité de ceux qui ont traversé l’espace et le temps pour aller à la rencontre des civilisations passées du peuple qui nous accueille

Turquie : La mer, à Antalya, au petit matinAéroport d'Antalya : au revoir, la Turquie !

Turquie : La mer, à Antalya, au petit matin

Aéroport d'Antalya : au revoir, la Turquie !

Juste avant de quitter cette contrée, voulez-vous entendre une curieuse légende (peut-être un conte !) qui peut expliquer l’origine du nom "Anatolie", qui se dit  "Anadolu" en turc, et que nous a contée notre guide ?

Il faut revenir en 1402… Après une 2° invasion des Mongols et la défaite de Beyazit I° à Ankara, ses troupes, affaiblies, se retirent dans un petit village. Une très vieille femme les accueille et, pour les remonter, leurs offre de grands bols d’Ayran (cette boisson à base de yaourt dilué à l’eau que nous avons bue en Cappadoce).

Epuisés, les soldats boivent l’Ayran jusqu’à plus soif, et, devant l’insistance de la vieille dame, ne peuvent que lui répondre : « Ana-dolu » (Mère c’est plein).

C’est ainsi que le nom Anadolu (Anatolie) aurait désigné la région.