La croisière sur le Nil

Le site d'Abydos

Lorsqu'on quitte le bateau pour rejoindre le site, en car, on traverse des villages en pisé où se dressent de hautes tours percées de trous, caractéristiques de cette région.

Elles servent de pigeonniers, à la fois décoratifs et utiles : en effet, ici, dans le pigeon, tout est bon ! mort, on l'utilise en cuisine (ah, la pastilla au pigeon...) et vivant, sa fiente est un engrais apprécié pour les cultures maraîchères...

La légende d'Isis et d'Osiris

Le nom d'Abydos vient de "Abdjou", qui signifie "tumulus de l'emblème de la tête d'Osiris"... En effet, d'après la tradition, c'est là que repose la tête d'Osiris, après qu'il eut été démembré par Seth, son frère jaloux...

Au fur et à mesure qu'Isis, sa soeur et épouse, lancée dans la quête des membres épars de son mari disséminés sur toute la terre d'Egypte, en retrouvait des restes,elle bâtissait un temple à cet endroit....

abydos arriveePhotos de voyages de Michel et Marie-France d' Abydos en Egypte : De la place des bus au temple : 50 siècles nous contemplent...
Arrivée à Abydos, écrasée de soleil

Mais Abydos, en limite du désert, est aussi renommée pour son rôle politique et religieux thinite (celle des 2 premières dynasties : - 3000 à - 2780). La nécropole s'étend sur plusieurs km et renferme des tombes royales qui remontent donc aux temps les plus reculés.

Le tombeau de Zer, de la I° dynastie, a pu être confondu avec celui d'Osiris, dieu des morts : c'est la relique du dieu qu'on vénère dans l'Osiréion.

Pour un Égyptien pieux, en se faisant enterrer auprès du dieu, on participe à sa resurrection... Sinon, on faisait ériger une stèle, ou on faisait déposer une urne à son nom, qui venait s'ajouter au tas de poteries qui submergent l'endroit.

Et, petit à petit, Isis, Horus, Ptah ont été à leur tour vénérés ici lors des fêtes et des pèlerinages, et Séthi I° et Ramsès II y ont fait édifier 2 grands temples.

Le temple de Séthi I°

Le temple de Séthi I°, complété par son fils Ramsès II, est très curieux.

Après les 2 cours auxquelles on accède par une longue rampe, il possède 7 sanctuaires, où Osiris, Isis et Horus, à l'est, et Harakhté, Ptah et Séthi divinisé, à l'ouest, encadrent Amon-Rê, au centre.

Photos de voyages de Michel et Marie-France d' Abydos en Egypte : la 1° cour du temple de Séthi I°Photos de voyages de Michel et Marie-France d' Abydos en Egypte : La 2° cour et sa rampe
La 1° cour du temple de Séthi I°
La façade du Temple

Les colonnes des salles hypostyles permettent, de l'extérieur, d'entrer directement dans chacun des sanctuaires, qui forment alors 7 temples séparés. Cela confère au temple une impression de grandeur et d'intimité en même temps assez surprenante !

La différence de lumière et de chaleur, entre la cour brasillant sous les rayons de Râ et les salles intérieures, sombres au début, puis qui s'éclairent un peu lorsque l'oeil s'habitue, nous procure un frissonnement sacré : celui que devaient ressentir les élus qui pouvaient pénétrer à l'intérieur du saint des saints...

Dans chacun des sanctuaires, la luminosité douce permet d'admirer des fresques et des bas-reliefs où s'agitent et vivent rois et dieux.

Les temples sont de toute beauté : ils ont été protégés par le sable qui avait envahi l'ensemble du bâtiment, déblayé seulement au cours des derniers siècles...

La Table des Rois

La Table des rois, par exemple, qui montre les 2 monarques face à 76 cartouches royaux énumérant tous leurs ancêtres, depuis Ménès.

C'est un trésor pour les archéologues - qui doivent ajouter quelques noms "omis" - comme Hatchepsout, Akhénaton, Semenkharê, Toutankhamon, Aï : vengeance ou mesquinerie divine ?

Photos de voyages de Michel et Marie-France d' Abydos en Egypte : l'entrée du templePhotos de voyages de Michel et Marie-France d' Abydos en Egypte : vue sur la colonnade
Une colonnade imposante, c'est l'entrée du temple

L'Osiréion d'Abydos

Juste derrière, l'Osiréion, en contrebas à une profondeur de 8 m, qui n'a été dégagée qu'en 1911, devait être caché aux regards par un tumulus planté de végétation.

Sur tous les murs, on lit des textes du Livre des Morts, du Livre des Portes (le voyage nocturne d'Amon-Rê : une sorte de guide pour l'âme du défunt après son trépas...) et du Livre des Cavernes.

La grande salle est étonnante : le centre représente une sorte d'île, carrée, soutenue par des piliers de granit rose et entourée d'un fossé où l'eau circulait lors des crues du Nil.

C'est la butte jaillie de l'Océan d'où émerge le Cosmos, le mythe de la création en rapport avec le culte d'Osiris. Au centre de l'île, une cavité pour un sarcophage représentait le tombeau d'Osiris, et devait être en fait le cénotaphe de Séthi I°....