Le Passage des hommes en Brière

L’histoire des hommes, ici, remonte à la nuit des temps…voire au-delà ! Dès le néolithique, nos ancêtres vivaient dans cette grande cuvette vallonnée et boisée, la Grande Brière, qui s’étendait au pied du Sillon de Bretagne.

Des temps anciens...

Sédentarisé, entre 5 000 et 2 000 av. JC, il bâtit des maisons en bois, cultive des plantes et élève des animaux. Il apprend le polissage de la pierre, la poterie, le tissage, la vannerie et utilise la meule ou la faucille.

De nombreux témoignages de l’architecture mégalithique en témoignent. Plusieurs mégalithes parsèment les environs, et juste entre Kerhinet et la D51, près du moulin de la Fée, les plus remarquables sont les dolmens de Kerbourg.

Les Dolmens de Kerbourg

On a en effet retrouvé deux dolmens, lors du défrichement des landes en 1876 au sommet de la colline de Kerbourg et on les a classés à l’inventaire des Monuments Historiques en 1951.

Nous avons visité le premier, le mieux conservé. Il date du néolithique moyen ou ancien, c’est-à-dire à peu près vers 4500 avant notre ère.

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Le Dolmen n°1 de Kerbourg. L'allée couverte.

Il reste de cet ensemble le couloir d’accès, une allée couverte, de 7 m de long pour 3 de large, faite de grandes dalles de granite reposant sur des supports en pierre, qui débouche sur une chambre funéraire, une sépulture collective, familiale ou tribale.

Il était, à l’origine, recouvert d’un cairn, une chape de pierres sèches en forme de dôme, comme pour le Tumulus de Dissignac, situé à environ 5 kilomètres à l’ouest de Saint-Nazaire. Le cairn restait accessible pour des cérémonies cultuelles ou de nouvelles sépultures.

On pense qu’il a dû être vidé dès la fin du Néolithique, pillé à l'époque romaine, et les pierres du cairn ont certainement dû servir à l’édification de monuments ultérieurs.

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Le couloir et la chambre funéraire.

 Chassés par une remontée de la mer, les habitants ont abandonné la région pendant 2 3 générations. C’est alors que s’est formé le marais, retenu par une digue créée par les alluvions de la Loire.

Dans la tourbe noire, formée au cours du temps par les plantes aquatiques, on trouve des arbres fossilisés, vieux de plus de 5 000 ans, les mortas, que l’on sculpte maintenant.

La trace des légendes

Un marais est source de vie et de nourriture : les hommes s’y sont vite réinstallé. Est-ce à cette époque que sont nées les légendes ?

Les grands sillons bretons n’ont-ils pas été creusés par le dragon qui hantait ces lieux ? Ou par une anguille géante, puisque le serpent ou le dragon, dans le monde celtique, comme dans de nombreuses autres civilisations est un symbole chtonien des forces de la nature, du territoire et des forces souterraines.

Toujours est-il qu’un dragon ou un serpent, donc, terrorisait la région. Vieillards, femmes, enfants et même les hommes fuyaient le feu qu’il vomissait. Pour obtenir la paix, ils acceptèrent de lui livrer, chaque année, une douce vierge qu’il dévorerait…

Mais un jour, un ermite, Lyphard (Lefer en Breton), passant par là, décida d’affronter le monstre sanguinaire. Trois jours et trois nuits, il le poursuivit avec acharnement. Au dernier matin de cette folle poursuite, il l’accula dans son marais, à l’ouest de la Brière. Il lui porta de son épée un coup si violent qu’il fendit en deux le dolmen sous lequel la bête s’était réfugiée et, dans le même élan, lui fendit la tête et le corps de haut en bas !

On peut encore, de nos jours, voir la fameuse Pierre Fendue sur la Butte de Bombardant, près du village du Clos d’Orange.

Quant à Lyphard, sanctifié par son acte, il devint le saint patron de la paroisse à qui il a donné son nom.

Lorsque le marais est brumeux, c’est que la tête du dragon fume encore : honnêtes gens, passez votre chemin, la bête pourrait encore vous égarer…

Sachez encore que de nombreux Bretons ne mangent pas d’anguille, fameux mets du terroir, car elle est pour eux plus un serpent satanique qu’un honnête et délicieux poisson…

Le pont de Gras

En revenant de Guérande, Patrick nous mène au cœur de la forêt. Au milieu d’une roselière et d’iris en fleurs, nous devons traverser un ruisseau sur un ouvrage ingénieux : une allée de pierres fichées dans l’eau et surmontées d’une rangée de pierres plates qui surplombe à peine l’eau en la laissant, par endroits, passer.

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Le pont de Gras

Il s’agit du Pont de Gras, que l’on dit ici gallo-romain, bien que les historiens ne l’aient pas réellement identifié comme tel.