Autun, la ville gallo-romaine

AutunAugustodunum,(la ville d’Auguste) était construite sur l’axe commercial et militaire qui reliait Lyon à Boulogne. C’était la « Sœur et émule de Rome », comme on a pu le lire gravé sur la façade de l’hôtel de ville : nous l’allons vérifier tout à l’heure !

Il reste de cette glorieuse époque un certain nombre de vestiges :l’immense enceinte augustéenne mesurait à l’origine 6 kilomètres et était percée de quatre portes monumentales. On a conservé quatre kilomètres et demi de remparts gallo-romains,  avec plusieurs des tours qui le protégeaient, deux portes romaines, le théâtre antique, la pierre de Couhard (un monument funéraire) et le temple dit de Janus.

Autun, le théâtre romain autun etages de la cavea

Incrusté naturellement dans une pente, le théâtre était destiné aux représentations dramatiques. Avec ses 148 m de diamètre, il était le plus vaste théâtre de la Gaule et pouvait accueillir 20 000 spectateurs. Partiellement conservée, sa cavea à 3 étages de gradins laisse imaginer ses imposantes dimensions. Il est encore aujourd’hui le lieu de manifestations culturelles : représentations historiques, son et lumière, concerts… Nous montons sur la scène « pour voir » : la vue est superbe, de tous côtés : en haut du théâtre, c’est un beau jardin planté d’arbres, et des gradins la vue s’étend sur un large panorama boisé..

autun porte st Andre autun porte st Andre  vue generale

Nous longeons ensuite les remparts, pour nous rendre à la Porte Saint-André,une des portes antiques. Dès l’époque romaine, elle ouvrait la ville à l’est, à l’extrémité du Decumanus maximus, qui traversait la cité d’est en ouest. Elle la reliait au pays des Lingons, allant à Langres ou à Besançon. De belles proportions, elle présente deux grandes arcades pour le passage des véhicules et deux petites pour le passage des piétons. Elle est très bien conservée, ayant été restaurée par Viollet-le-Duc : elle est surmontée d’une galerie de dix arcades. Un des deux corps de garde qui la flanquaient est toujours là, il a été transformé en église au Moyen-Age, car la tradition y place le martyre de saint Symphorien….

autun Porte Arroux autun porte Arroux vue du pont

En suivant notre route, nous arrivons à la deuxième porte romaine qui reste à Autun : la Porte d’Arroux. Sous son nom latin Porta Senonica (porte de Sens), elle donnait accès à la voie Agrippa en ouvrant la ville au nord, à l’extrémité du Cardo maximus (qui traversait la ville du nord au sud). Son agencement est identique à celui de la porte Saint-André, en moins bon état. La galerie supérieure, décorée de pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens, permet de la dater du Ier siècle avant JC. Elle est conservée avec toutes ses caractéristiques romaines : il est amusant d’en voir le contraste avec la circulation automobile !

autun petit pont de bois autun riviere ombragee

Après la porte, en tournant le dos à la ville, nous suivons un petit sentier verdoyant qui passe à côté d’un moulin. Nous traversons, sur un petit pont de bois, un petit bras de l’Arroux, une rivière ombreuse et frémissante qui donne l’envie d’habiter là, tout de suite ! On longe quelques maisons heureuse, on flatte l’encolure d’un âne venu aux nouvelles,et, en pleine campagne, on se trouve face au Temple dit « de Janus.

D’après les explications aimablement inscrites sur place, dans une cour qui correspondait à la clôture actuelle du champ,l’édifice, de forme carrée, se composait d’une cella (pièce qui contenait la statue du culte) entourée d’une galerie. C’est un édifice haut de 24 m, dont il ne reste que deux pans perpendiculaires, hantés par les corbeaux qui s’y posent et s’en envolent à grands cris… On n'y a jamais célébré Janus, le dieu romain bicéphale. C’est en fait un« fanum », un temple de tradition gauloise dédié à un dieu inconnu, l’un des mieux conservé de France. Sa technique de construction est néanmoins romaine et permet de le dater du I° siècle après JC. Au niveau inférieure, il est percé de niches béantes. Au-dessus, trois fenêtres de chaque côté surmontent des rangées d’orifices où venaient s’encastrer la charpente du toit de la galerie : un régal de nichoir pour les freux !

autun temple de Janus autun temple de Janus autre vue

Il n’était pas isolé en ces lieux, mais faisait partie d’un sanctuaire suburbain, comprenant au moins 7 temples ou chapelles, ainsi que des thermes et un théâtre gallo-romain découvert en 1976 par prospection aérienne, pas encore dégagés. Au soleil déclinant, il joue de tons qui vont de l’ocre rosé au soleil aux sombres bruns bleutés à l’ombre.

autun et sa cathedrale autun de loin  vue champetre

A l’horizon se détache la ville et ses clochers, par delà la campagne : une vision bucolique et apaisante qui nous fait prendre le chemin du retour avec une petite touche de nostalgie.

Il nous reste à regagner notre hôtel, où nous nous régalerons de spécialités locales, arrosées, bien entendu, de délicieux vins bourguignons : nous sommes arrivés à domicile et ne craignons pas d’y faire honneur !